La règle des trois unités

Caractéristique du théâtre classique, la règle des trois unités est un incontournable des pièce du 17ème siècle. Outil permettant au dramaturge d’accentuer l’efficacité théâtrale et de rendre l’action plus réelle aux yeux des spectateurs, la règle des trois unités comporte bien des exigences auxquels les comédiens et dramaturges doivent se plier.

L’unité de lieu, d’action et de temps

Dans l’Art Poétique, Boileau, littéraire français de renom, disait: ”Dans le théâtre classique, on désigne sous ce nom l’ensemble des contraintes selon lesquelles une pièce doit comporter une seule action principale (unité d’action), se déroulant dans un même lieu (unité de lieu), et dans l’espace d’un seul jour (unité de temps).” Il résume d’ailleurs en vers lesdites contraintes :

Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu’à la fin le théâtre rempli.

Un seul fait: L’unité d’action

Pour que le spectateur puisse se concentrer sur l’action, de son exposition au dénouement en passant pas la crise, il ne doit pas y avoir nombre d’intrigues secondaires susceptibles de le perturber. Les intrigues secondaires ne sont pas pour autant absentes, mais elles doivent aider à la résolution de l’intrigue principale. Ainsi, toutes les actions doivent se dénouer en même temps, puisqu’elles sont liées à une seule et même action principale. Cette règle ne rend pas nécessairement l’action plus pauvre, mais la mise en place de cette règle peut diverger d’un dramaturge à un autre.

Dans la règle des trois unités, l’unité d’action serait celle qui serait apparue la première. Car elle est en effet applicable à la poésie dans sa globalité. Aristote en parlait déjà dans sa Poétique.

En un jour: L’unité de temps

Elle va de pair avec l’unité d’action. En effet, ce n’est pas réaliste de faire tenir une série d’évènements en quelques heures seulement. D’autant plus qu’au théâtre les retournements de situation sont nombreux. Point de départ de la querelle du Cid, l’unité de temps a divisé bien des dramaturges. En effet, cette règle est tout simplement paradoxale. D’un côté elle a été créée afin d’apporter plus de vraisemblance et de crédibilité à la pièce, et de l’autre elle fait croire au spectateur que toute l’action de la pièce se déroule en une journée.

En un lieu: L’unité de lieu

Cette règle vient tout droit des impératifs de mise en scène. Toute l’action de la pièce doit donc se dérouler en un seul et même endroit. C’est ainsi que sont généralement choisis des lieux propices aux rencontres, comme un palais ou une place. Cette règle suggère ainsi que tout ce qui se passe “hors-champs” doit être conté sous forme de récit par l’un des protagonistes.

D’autres exigences…

A la règle des trois unités s’ajoute également d’autres exigences propres au théâtre classique. On a ainsi vu l’apparition de l’unité de ton. Il convenait alors de conserver le même niveau de langue dans toute la pièce et dans la bouche de tous les personnages. Et ce, peu importe leur rang. Ce qui est également très paradoxal, puisque , mise en plus dans un but de réalisme, la règle est finalement peu représentative de ce qui se passe dans la vraie vie.

Une autre règle qui a son importance est la règle de bienséance. Les comédiens , et par conséquent le dramaturge, ne doivent pas choquer le spectateur. Toutes les scènes de violences, de combat, de batailles et de morts doivent se dérouler en dehors de la scène. Ces actions seront donc narrées par les comédiens sous forme de récit. Pour terminer , comme on a commencé, sur une citation de Boileau:

« Ce qu’on ne doit point voir, qu’un récit nous l’expose :
Les yeux en le voyant saisiront mieux la chose ;
Mais il est des objets que l’art judicieux
Doit offrir à l’oreille et reculer des yeux. »